jeudi 22 juin 2017

Des élus français dans le Donbass

Première représentation française 
de la République Populaire de Donetsk

Hubert Fayard, Christiane Pujol et Christian Borelli à l'embarquement pour Moscou

La concrétisation d'un engagement métapolitique 

Quand cette crise ukrainienne lancée par les occidentaux sur le Maïdan pendant l'hiver 2013-2014 dérape dans le sang et les larmes avec la répression du Donbass qui va devenir une guerre longue et meurtrière, une chape de plomb médiatique s'abat alors sur ce volcan géostratégique coincé entre le bélier occidental et la muraille russe et d'où ne s'échappent que les arguties toutes plus délirantes les unes que les autres d'une propagande de guerre russophobe et hystérique.

"Invasion russe" "terroristes" "peuple pris en otage" "pays affamé", "déserté" etc... et j'en passe et des meilleures...

A la lecture de ces délires mensongers nous sommes plusieurs à réagir pour libérer la Vérité de la cage propagandiste dans laquelle la réalité de cette guerre honteuse pour l'Europe est enfermée. Ainsi des occidentaux se sont révoltés contre ce coup d'Etat du Maïdan et sa guerre à caractère génocidaire lancée contre les populations russes d'Ukraine et qui a tué entre 10 000 et 20 000 personnes au minimum depuis 3 ans.

Communistes, anarchistes, nationalistes, régionalistes, tsaristes, nationaux bolcheviques, antimondialistes, etc... le Donbass a vu de nombreuses nationalités rallier sa rébellion : espagnols, serbes, français, allemands, brésiliens, irlandais etc... et même étasuniens ! chacun s'engageant dans sa tranchée pour mener un combat militaire, humanitaire médiatique, ce dernier étant peut-être le plus difficile à mener car affrontant le Goliath de la pensée unique muselant dans les pays "droitdelhommistes" leur liberté d'expression fondatrice (cherchez l'erreur !)

Bien sûr il y en a qui, par paresse intellectuelle, vont répondre à la propagande par une autre propagande qui si elle n'est pas aussi mensongère a cependant tendance à verser dans une caricature manichéenne qui finit aussi par la décrédibiliser. Et de constater amèrement que certains "volontaires" sont toujours sous influence de la société du spectacle dans laquelle ils sont nés, tant l'incohérence entre leurs actes et leurs paroles amène les pousse (malgré eux mêmes ?) a vouloir recréer en microcosme ce monde orwellien du clientélisme, de la censure et des privilèges qu'ils prétendent pourtant combattre dans leurs discours narcissiques. Mais ceci est un autre débat...

Le plus important et urgent est de réveiller les consciences européennes des foules et l'esprit critique individuel des consommateurs d'informations qui avalent et croient tout ce qui est déversé dans leur écrans par les entonnoirs d'agences de presses contrôlées par la ploutocratie au pouvoir.

Pour libérer la Vérité sur la Donbass une centaine de personnes taraudent quotidiennement le blocus organisé par la dictature de la "bien-pensance" occidentale : médias alternatifs, sites internet, blogs, réseaux sociaux etc... A Donetsk, nous sommes 4 français a travailler aujourd'hui sur le front de l'information : Christelle Néant (DONi press) Philippe Calfine (News Front) Sébastien Hairon (indépendant) et moi même (Novorossiya Today). Il faut rajouter à ce quatuor les locales Svetana Kissileva, qui informe en français (novorossiya today) et Hélène Sydorova, également francophone et infatigable animatrice d'une centre Culturel Franco-russe local (Revue "sans frontières")

Ce travail sans relâche (perso j'arrive à 1500 articles sur le sujet) est récompensé par de réseaux fidèles et tenaces réseaux de soutien qui se font l'écho de nos efforts, et s'organisent chaque jour un peu plus, tels des maquis virtuels dans les différents pays occupés par le Nouvel Ordre Mondial. Aujourd'hui si on ne considère que le réseau social Facebook pourtant régulièrement attaqué par la censure de la pensée unique, on compte pas moins de 500 groupes à travers le monde qui tentent de rétablir la Vérité concernant cette guerre du Donbass, dont environ 200 très actifs.

Il arrive un moment où le soutien intellectuel veut descendre dans la rue et rencontrer les foules des consuméristes hypnotisés. C'est par exemple ce que font régulièrement Kris Roman en Belgique ou André Michel Chanclu et Alain Benajam en France. Mais depuis l'année dernière la concrétisation du soutien au Donbass a pris une autre forme et une tournure plus officielle avec la création de "Représentation de la République Populaire de Donetsk" dont le réseau a été inauguré en Tchequie l'année dernière sous l'impulsion de Lena Liskova. Depuis cette belle initiative a fait des émules et d'autres représentations ont vu le jour soit aujourd'hui :
  • en Tchéquie, à Ostrava, pour la DNR
  • en Italie, à Torino, pour la DNR
  • en Autriche, à Vienne, pour la LNR
  • en Grèce, à Athènes, pour la DNR
Il faut relever que l'ensemble de ces "représentations des républiques populaires du Donbass" subissent des attaques régulières de la part des gouvernements des pays où elles sont nées et de l'Union européenne quine supportent pas que des voix dissidentes libèrent la Vérité et dévoilent les complicité occidentales aux crimes de guerre commis dans le Donbass...


2017, l'initiative française 


En janvier 2016, un groupe de français était venu en reconnaissance pour préparer la venue d'une délégation française dans la Donbass à l'image de celle qui été venue en Crimée quelques mois auparavant. Mais les circonvolutions levantines engendrées par la perspective des élections présidentielles ont dissuader les acteurs du projet de le concrétiser.  

Le cirque électoral ayant replié son chapiteau nauséabond les volontés et les consciences libérées ont repris plus ouvertement le chemin du Donbass pour soutenir son peuple.

Hubert Fayard est un ami du réseau de soutien et en collaboration avec l'équipe de Novorossiya Today et le Ministère des Affaires Etrangères de Donetsk, nous avons défini et amorcé l'ouverture de la première représentation française de la République Populaire de Donetsk, qui vient de voir le jour sous les statuts d'une association de loi 1901.



Le 22 juin sont arrivés à Moscou, en transit pour la République Populaire de Donetsk, une délégation de 4 francais dont 3 élus départementaux, à laquelle il faut également rajouter Kris Roman et Emmanuel Leroy qui viennent réaliser une nouvelle visite de soutien dans le Donbass.

L'engagement de ces français sera bien sûr critiqué attaqué et certainement calomnié par des imbéciles qui n'ayant pas peur de mourir étouffés par leur haine et leur mauvaise foi iront certainement dépeindre comme des "fascistes" ces libres penseurs venus soutenir un peuple russe défendant sa liberté dans l'ombre des statues de Lénine !

Sortir des ornières de la doxa propagandiste d'un régime politique pour venir constater de visu de la réalité d'une guerre qui meurtrie le coeur de l'Europe depuis 3 ans est un engagement personnel d'autant plus honorable qu'il est malheureusement exceptionnel. Aussi je salue avec force Christiane, Hubert, Christian et Marc qui viennent avec courage et répondre à l'appel de leurs coeurs européens et leur souhaite la bienvenue sur la terre du Donbass libre !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Russie Politics

Une délégation française à Donetsk


Par Karine Bechet Golovko 

A l'invitation de la jeune république de Donetsk, une délégation d'élus français des Bouches-du-Rhône,  représentant différents partis politiques, se rend à Moscou puis à Donetsk. C'est ce genre d'initiatives qui permettra de mettre fin au conflit, en ouvrant les yeux aux populations européennes sur la réalité de ce qui se passe dans la région.

Le 22 juin, une délégation française s'est envolée pour Moscou puis Donetsk. Elle est composée de:
  • Hubert FAYARD, Président du Centre des Indépendants des Bouches-du-Rhône (CNIP) et Conseiller municipal, 
  • Christiane PUJOL, Conseillère départementale des Bouches-du-Rhône et cadre du mouvement " Debout la France" (DLF), 
  • Christian BORELLI, Conseiller national des Républicains (LR), Conseiller municipal de Vitrolles,
  • Marc PUJOL, Assistant.

Ils séjourneront à Moscou du 22 au 24 juin puis se rendront à Donetsk du 24 au 27 juin qui, comme ils le reconnaissent dans leur communiqué de presse, est constamment bombardé par l'armée ukrainienne malgré les accords de Minsk.

Cette prise de consience salutaire est d'autant plus importante qu'elle est rare. L'impunité avec laquelle le pouvoir ukrainien s'attaque à sa population civile dans le Donbass n'est possible qu'avec le silence consentant de l'Europe et des Etats Unis. Ce type d'initiatives permet aux hommes et aux femmes politiques qui ont le courage de, finalement, faire leur travail et défendre les valeurs de notre République, malgré la politique russophobe qui domine la vie politique aujourd'hui, de poser une pierre sur le chemin difficile de la fin du conflit.

Peut être la presse française aura-t-elle aussi un jour le courage de revenir à sa mission première: informer, indépendamment des dogmes politiques en vigueur. Mais ce sera certainement pour plus tard.

Pour ceux qui le désirent, une rencontre est prévue au restaurant français le Normandie Niemen à Moscou après leur séjour, le 27 juin à 17h.

Karien Bechet Golovko


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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan

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mercredi 21 juin 2017

Une soirée sur le front Nord

Chroniques d'Oktyabrsky 10



Devant le regain d'activités militaires sur le front Nord de Donetsk, j'ai décidé de visiter les lisières Nord de mon quartier, cette semaine du côté Est, entre un aéroport qui est bombardé quotidiennement et un village de Spartak où les accrochages et pilonnages sont à nouveau quasi permanents depuis environ 2 semaines.

Au départ je me suis dirigé vers la rue Stratanovtov, cette artère Est-Ouest qui relie Spartak à Peski en longeant la zone aéroportuaire complètement en ruine aujourd'hui. dans cette fine ceinture nord complètement détruite survivent quelques personnes âgées et même à ma connaissance 2 familles dont les maisons, telles des navires que l'on colmatent sans arrêt au milieu d'une tempête, leur offrent encore un abri précaire et dangereux...

Vers 20h00 des bombardements ukrainiens mais également des tirs ont frappé les positions républicaines situées à quelques pas au Nord des dernières maisons en ruines et abandonnées. Il s'en est suivi un échanges de tirs bref mais vif pendant environ 30 minutes

Ambiance des soirées "son et lumière" d'Oktyabrsky 


Les rues dans ce quartier sont tellement dévastées et désertes que les personnes croisées semblent être des fantômes surgis d'un passé pourtant proche où les rires des enfants fleurissaient les jardins tandis que leurs parents se réunissaient autour de barbecues odorants...

Au moment où j'emprunte cette petite rue entre le front et la rue Stratanovtov, les 2 ou 3 personnes qui y sont se sont réfugiées derrière les murs épais de leurs maisons, que des balles voire des obus perdus viennent encore frapper régulièrement. Il me semble déambuler dans le décor d'un film où la vie aurait disparu brutalement...


Et pourtant nous sommes bien au coeur de l'Europe et en 2017 ! :






Passant par des raccourcis je rejoins Spartak avant la tombée du jour accueilli ici aussi par des autres tirs ukrainiens qui harcèlent continuellement les positions républicaines et les quelques dizaines d'habitants (sur les 5000 avant la guerre) qui survivent au milieu de leur village martyr.

A Spartak, changement d'ambiance, après avoir salué Vika et sa grand mère, je rejoins la ligne de front en compagnie des soldats qui m'ont invité. Les positions sont aux lisières d'un quartier abandonné où des hangars crevés rivalisent en destructions avec des maisons endommagées. 

Quelques instants anonymes quelque part au Nord de Spartak
Pendant ce reportage un sniper ukrainien essaie en 
vain de nous toucher, le tir le plus proche (à 1'52") 
passant encore à plus de 20 centimètres de sa cible.

Devant nous en direction du Nord se dispersent dans l'horizon les fumées industrielles de la ville d'Avdeevka aujourd'hui occupée par l'armée ukrainienne. 

Sur les postes de combat les hommes sereins, la bonne humeur brillant dans tous les regards mais également sont attentifs car les ukrops ont des positions proches à partir desquelles régulièrement dans la journée ils envoient des tirs d'armes légères, mitrailleuses, lance-grenades ou lance roquettes, tandis que leur artillerie située un peu plus loin (Opotne) pilonne également à intervalles réguliers la zone depuis les tranchées jusqu'aux quartiers résidentiels où les derniers habitants vivent dans leurs caves.

Au bout de la rue du village la guerre a dressé un mur de terre, de pierre et de feu

Au delà, l’étroit "no man's land" devenu le royaume des renards des sangliers et de la mort

Une vie de spartiate s'organise à l'abri des bunkers 

La foi arme le courage et rappelle aux sentinelles du Donbass qu'ils ne sont pas seuls

Une vie "au jour le jour" que  rythment  les gardes, les briefings, les entretiens et les alertes

Devant les tranchées une zone polluée par la guerre et parsemée de pièges et mines mortels

Derrière les tranchées, les abris de repos où la popote et les plaisanterie soudent les hommes et soulagent la fatigue

Spartak, ses ruines, ses habitants et ses défenseurs sont devenus un symbole de la résistance du Donbass

Ici les habitants et les soldats sont à l'écoute des bruits du monde autant que de ceux de la guerre, et au fil des conversations ils me demandent souvent mon avis sur la diplomatie française qu'ils croient toujours influente sur la géopolitique internationale.

Avec beaucoup de tristesse et même de honte je leur fais comprendre que la dignité française est à l'image de leurs maisons éventrées et ouvertes aux chiens errants à la recherche d'un os à ronger... 

Ici dans le Donbass la dignité des hommes et des femmes est en revanche intacte et même certainement renforcée par une détermination et un amour d'une Liberté bafouée par Kiev depuis 3 ans...

Car si les murs sont effondrés sous les assauts de la haine et de la cupidité occidentales en revanche les citadelles intérieures sont toujours là gardiennes de traditions et de libertés européennes victorieuses !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



Le lien pour lire les autres "Chroniques d'Oktyabrsky"

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Erwan


"Poro s'en va t'en guerre..."

Objectif : Réintégrer le Donbass par la guerre et la loi martiale


Dans un précédent article étaient présentées les différents projets de réformes militaires, juridiques et diplomatiques préparant à une évolution de la gestion par Kiev de la guerre qui fait rage dans le Donbass depuis 3 ans.

Depuis ces derniers jours, le virage que veut prendre l'Ukraine pour relancer la guerre dans le Donbass et lui donner une dimension internationale se confirme, comme par exemple avec les déclarations de Andriy Paroubiy, le cofondateur du parti néo-nazi ukrainien (parti socialiste-national devenu Svoboda) et Président du parlement ukrainien (Verkhona Rada) qui appelle l'OTAN à installer des bases militaires en Ukraine et dans le Donbass une fois celui ci récupéré par Kiev.

Porochenko et Trump main dans la main


Achevant de piétiner les cendres de ses promesses de campagne l’excentrique et ingérable Trump a accueilli dans la Maison Blanche le mendiant ukrainien Porochenko lui tendant sa sébile...


Les effets immédiats de cette rencontre dominée par une obsession russophobe ne se sont pas fait attendre :
  • Renforcement des représailles économiques hypocrites "sanctions" contre la Russie
  • Renforcement de la coopération militaro-technique entre l'Ukraine et les Etats Unis
Début mai, le projet de budget fédéral 2017, qui prévoit une aide financière à l'Ukraine d'un montant de près de 410 millions de dollars (367 millions d'euros), a été approuvé par le Sénat. Cette aide comprend le soutien militaire du Pentagone d'une hauteur de 150 millions de dollars (134 millions d'euros) et consiste à fournir à Kiev malgré les réticences des européens qui craignent une escalade dans le Donbass, «de l'aide, y compris la formation militaire, du matériel, des armes létales, une assistance logistique, un soutien du renseignement aux militaires et en vue d'assurer la sécurité nationale de l'Ukraine».

Et il est donc question aujourd'hui de renforcer ces mesures bellogènes !

Des accord de Minsk qui sont poussés vers la trappe 

Lorsqu'en février 2015 les nouveaux accords de Minsk sont validés par l'ONU, il s'agit pour tous les partis en présence, plus de gagner du temps en gelant un conflit sur ses postions que d'ouvrir réellement la porte de la résolution diplomatique, et les circonvolutions des sempiternels réunions du format Normandie sur fond de violations permanentes et impunies du cessez le feu vont malheureusement confirmer l'impuissance des accords "Minsk 2".

Alors que personne n'osait jusqu'à présent contesté leur autorité et leur référence diplomatiques pour aborder la crise ukrainienne, les accord de Minsk commencent non pas à être rejetés directement mais contournés et écartés progressivement par ceux qui veulent les remplacer par un traitement plus rapide et radical de la guerre dans le Donbass. 
Ainsi le Secrétaire d'Etat étasunien Tillerson tout en reconnaissant la diplomatie de la Maison Blanche « être menottée » aux accords de Minsk, a demandé au Parlement de donner aux États-Unis plus de « flexibilité » dans leur interprétation.

A ce niveau là, l'incohérence des propos des représentants étasuniens qui prétendent vouloir trouver un accords entre Kiev et Moscou, mais qui renforcent dans le même temps les sanctions contre Moscou et l'aide militaire à Kiev, montre bien que la diplomatie étasunienne est toujours sous influence des néo-conservateurs et de leurs intérêts mondialistes.

On voit donc ici que Trump est revenu sur le chemin de la guerre tracé par ses prédécesseurs néo-conservateurs, et que Porochenko essaye de le pousser sur "les chemins de la guerre où ne pousse pas de blé" !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Sources de l'article :

Déclarations et projets divers de la loi de réintégration du Donbass présentée par Kiev : Ria Novosti

Trump Porochenko : RT 

Voici un nouvel article signé Karine Bechet-Golovko et qui fait la synthèse de la nouvelle stratégie que Kiev veut engager dans le Donbass

Source de l'article : Russie Politics 

Ukraine: "réintégrer" le Donbass en déclarant l'état de guerre


Par Karine Bechet-Golovko

mardi 20 juin 2017

Le Président ukrainien a annoncé la prochaine adoption d'une loi de "réintégration du Donbass", qui semble fonctionner sur le double mécanisme de la carotte et du bâton, disons de la restauration partielle de certains droits violés par l'Ukraine, mais avec la déclaration de l'état de guerre sur certaines parties du territoire. L'Ukraine ne se batterait donc plus contre les "terroristes du Donbass", mais contre les militaires russes qui occuperaient ce territoire. Voici la manière dont Poroshenko veut mettre en oeuvre les accords de Minsk.


Un nouveau plan de résolution politique du conflit ukrainien est apparu et vue la distance entre son appellation et son contenu, les conseils étrangers n'y sont pas pour rien. Il s'agit d'établir un texte suffisamment ambigü pour légaliser toute action dans le Donbass et en rendre responsable la Russie, plan dont la version définitive n'existe pas encore, mais dont les principales dispositions sont déjà connues. Demandé, au moins officiellement, par P. Poroshenko, qui doit bientôt rencontrer D. Trump, la Rada s'est mise au travail:

Cette information a été communiquée par Iryna Gerachtchenko, adjointe au président du parlement ukrainien lors du Forum «Points de croissance » :
  • «Si nous voulons vraiment nous battre pour ces territoires, nous devons proposer à l’ordre du jour une loi sur la réintégration du Donbass, en voie d'élaboration, et que le président ukrainien soumettra très prochainement au vote de la Rada. Le vote montrera le réel positionnement de beaucoup de personnes sur cette question »

Il faut mettre fin à l'opération anti-terroriste? Avec plaisir, cette opération ne sera plus "anti-terroriste", mais militaire, puisqu'il sera possible d'introduire la loi martiale et de déclarer l'état de guerre sur une partie du territoire frontalier de la zone de conflit.

Les territoires du Donbass doivent recevoir un statut juridique? Bien sûr, ils sont "occupés". Ce qui justifie l'état de guerre, car il y a un changement d'ennemi. L'Ukraine, selon ce plan, ne se battrait plus contre des "terroristes", des civils, mais contre une armée d'occupation, donc étrangère et évidemment russe. Ce qui justifie de passer le commandement de l'opération à l'armée ukrainienne.

Il faut des élections locales? Ce serait avec plaisir, mais les territoires sont occupés, nous n'y pouvons rien. Dès que "l'armée d'occupation" - russe - se sera retirée, nous les organiserons avec plaisir. En attendant, cela pourra même justifier de nouvelles sanctions contre la Russie, qui aura quelques difficultés à retirer des bataillons qui n'y sont pas. Et comme Tillerson vient de déclarer qu'il est impensable de remettre en cause les sanctions adoptées contre la Russie avant l'exécution des accords de Minsk - évidemment par la Russie qui n'en est pourtant pas partie - les sanctions seront pérennes. Ce qui entre tout à fait, comme nous l'avons vu, dans l'intérêt des Etats Unis.

Il faut redonner envie aux populations du Donbass de regarder vers l'Ukraine? Mais nous n'avons plus de visas avec l'UE (ce qui est l'argument principal dans la tautologie ukrainienne). Evidemment, ce n'est pas suffisant. Il est envisageable de favoriser l'octroi des pensions de retraite (autrement dit, d'octroyer ce à quoi dans tous les cas les habitants de LNR et DNR ont droit) ou de penser à la reconstruction des installations civiles - ces installations détruites par l'armée ukrainienne. Les radicaux de la Rada s'opposent déjà à ces mesures jugées trop souples, mais nous verrons bien dans quelle mesure leur poids politique et décisionnel est réel et dans quelle mesure ils sont utilisés pour maintenir un chaos contrôlable. La carotte et le bâton, même si les habitants de DNR et LNR n'ont plus aucune confiance en Kiev. 

Le bâton en cours d'élaboration peut, en revanche, se retourner contre la Russie, pour le plus grand plaisir d'une communauté internationale qui n'attend que cela. Finalement, l'Ukraine veut appliquer les accords de Minsk, reconnaître un statut légal au Donbass et régler la question des élections, certes d'une manière qui permettra de dénier toute possibilité d'opposition politique à Kiev. Et comme le conflit n'est plus interne à l'Ukraine, mais glisse vers un conflit international entre la Russie et l'Ukraine grâce à ce plan, la récupération des frontières du Donbass par Kiev peut être "légalisée" malgré la continuation du conflit sur le terrain. 

Comme avec le nettoyage de la place Maïdan, qui était soi-disant impossible. Lorsque le moment favorable est arrivé, étrangement, aucun groupe extrémiste n'a fait le poids contre les bulldozers, aucune voix ne s'est élevée contre la radicalité des méthodes utilisées contre les "manifestants pacifiques, pro-européens et démocrates". Ils sont partis. En passant à l'opération "réintégration du Donbass",  le commandement glisse vers les militaires et officiellement Kiev coupe l'herbe sous le pied des groupes extrémistes, dont la visibilité est devenue dérangeante pour une Ukraine "européenne", comme le montre cet article du Washington Post. 

Elle fait ainsi d'une pierre deux coups: améliorer son image à l'internationale et rendre la Russie entièrement responsable de la non exécution de ces étranges accords de Minsk, dont la signature fut une véritable erreur stratégique. La politique de louvoiement post-moderne a des limites, qui elles n'appartiennent pas au monde du post-réel.

Karine Bechet-Golovko

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mardi 20 juin 2017

Bombardements sur l'aéroport



Publié initialement sur Facebook le 19 juin 2017

Passant par l'aéroport vers 20h30 ce soir, le footing a été interrompu par des tirs importants d'obusiers ukrainiens sur l'aéroport. Plusieurs coups ont frappé les ruines de cette aéroportuaire qui fut l'orgueil de Donetsk (et de l'Ukraine) mais qui, bombardée depuis 3 ans quasiment sans interruption est devenue un champs de ruines dantesque, à tel point qu'on peut de se demander ce qui peut encore brûler au milieu de ses amas de pierres éventrées et ferrailles tordues !

Quelques minutes après nos unités en défense ont riposté sur les positions de tir ukrainiennes et depuis le silence est revenu à part quelques échanges de mitrailleuses lourdes à partir des ruines aménagées en bunkers...

Photo prise à 20h40 ce 19 juin 2017 à 300 mètres au Sud du nouveau terminal


Autour de l'aéroport le nombre d'habitats touchés par les bombardements est impressionnant : quasiment 100% des maisons ont été touchés entre le boulevard Zlotna qui desservait la zone aéroportuaire vers Dontesk et la rue Stratanovtov qui relie Spartak à l'Ouest à Peski à l'Est. Dans ce quartier Est de Oktyabrsky qui continue a être pilonné par l'artillerie ukrainienne, plus de 50 % des maisons sont aujourd'hui complètement détruites, mais il reste des personnes âgées et même quelques familles qui survivent au milieu des ruines s’efforçant jour après jour entre 2 bombardements de réparer les dégâts occasionnés par la haine kiévienne.


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

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Erwan

lundi 19 juin 2017

Ukraine : Guerre-épaisse

"Avec les soldats français 
qui défendent l'indépendance du Donbass"

Le groupe de français de repose et se divise certains quitteront le Donbass, d'autres non . Toutes les photos sont de l'auteur (Guillaume Chauvin)
Guillaume Chauvin est un photographe devenu au fil du temps un ami. il est venu déjà 3 fois sur le front du Donbass pour témoigner de cette "guerre épaisse" que la bien-pensance des médias occidentaux essaye d'étouffer. Natuerrellement Guillaume s'est rapproché des quelques volontaires français qui s'étaient aventurer dans les steppes du Donbass suivant l'appel de leurs coeurs.

Récemment, j'avais eu l'occasion de publier un premier reportage de Guillaume suite à son troisième séjour dans le Donbass où nous étions allé ensemble à la rencontre des populations civiles bombardées au milieu desquelles je vis et que j'essaye d'aider. Ici dans cette interview du média "Vice" Guillaume revient sur ses premières rencontres avec les volontaires français venus dans le Donbass.

En 2015, le groupe que nous formions était "atypique" pour ne pas dire "original" mais nous étions alors unis au delà de nos différences et incohérences par les sentiments d'injustice et d’écœurement provoqués par l'agression hallucinée et hystérique de l'armée ukrainienne contre la population du Donbass, et une volonté commune de vouloir servir, aider et témoigner de sa résistance populaire contre un totalitarisme russophobe et criminel.

J'ai relu avec attention et passion ces lignes écrites par Guillaume regrettant amèrement m'être laissé berné par Laurent, un insecte rampant venu un temps glaner des honneurs dans le Donbass et qui comme à son accoutumé a semé la zizanie dans cette communauté française déjà fragile, frappant les uns et les autres dans le dos à coups de calomnies, intrigues, trahisons de confiance et abus de pouvoir... 

Mais de ce passé restent d'abord les souvenirs partagés entre français, avec les autres camarades de l'unité, les civils riverains de notre ligne de front, les missions d'observation ou de reconnaissance qui ont rythmé notre aventure militaire, humaine et intérieure. Enfin ces visages disparus de camarades emportés à l'horizon par la guerre mais jamais disparus de nos mémoires : Moskva, Dietrich...

Les amitiés dans mon coeur sont restés plus fortes que les trahisons, même si les blessures sont toujours ouvertes par le sel continuellement jeté par des vautours qui inévitablement planent au dessus des tragédies humaines pour se servir et non servir !

Je remercie du fond du coeur Guillaume de ce témoignage d'autant plus intéressant et important qu'il est libre et sincère, mais aussi Tonio, Sacha, Gabi, Nicolas, Renaud, Alexandre, Yuri, Pavel et tous les autres qui ont été les artisans de cette belle aventure dans le Donbass et qui continue d'ailleurs pour une poignée d'entre nous...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Vice.com

ParGUILLAUME CHAUVIN;
propos rapportés par ROMAIN GONZALEZ and JULIE LE BARON
Jun 14 2017, 8:00am

En compagnie des anciens étudiants, boulangers ou militaires 
qui ont pris les armes contre le pouvoir ukrainien.

J'ai débarqué dans l'est de l'Ukraine à l'été 2015, en passant par la frontière russe, et j'y suis retourné de nombreuses fois afin d'étoffer mon travail. Mes recherches m'ont conduit à parcourir la région de Donetsk, située en plein cœur de la « République populaire de Donetsk », ou RPD – une zone qui englobe notamment les villes de Donetsk, Gorlovka et Debaltsevo. Prise au piège d'une guerre civile qui dure depuis trois ans et qui a déjà fait officiellement plus de 10 000 morts, la région est déchirée entre « l'opération antiterroriste » du gouvernement ukrainien et « la résistance patriotique » du camp séparatiste – pour reprendre les termes consacrés de chaque côté de la ligne de front.

Pour les journalistes, l'accès aux républiques séparatistes ukrainiennes – RPD et RPL, ou « République populaire de Lougansk » – est restreint, c'est un fait. La raison est simple : il s'agit d'« États » récents et menacés, en guerre sur le terrain militaire comme sur celui de l'information. Les autorités, méfiantes et désireuses de défendre leur vision des évènements, sont très présentes sur place, même si ça ne m'a pas empêché d'exercer assez librement mon travail – hormis quelques cas précis, dont l'interdiction de clichés révélant des positions ou du matériel stratégiques, des personnes pas censées « être là » ou ayant de la famille de l'autre côté du front.


Une fois sur place, malgré ces quelques obstacles, j'ai cherché à rencontrer des volontaires français combattant dans la milice locale – aujourd'hui devenue armée officielle. J'avais contacté l'un d'entre eux par Internet. Erwan avait accepté ma présence au sein de son groupe, et j'ai calé mon rythme sur le sien, le suivant sur le terrain, essayant d'être aussi « rustique » que les autres combattants hexagonaux. Depuis, par l'intermédiaire de publications « dépassionnées », j'ai pu garder de bonnes relations avec eux et y poursuivre mon travail d'auteur. Par contre, l'accès à l'Ukraine m'est désormais compromis alors que, dès 2015, j'avais pris soin de demander aux autorités ukrainiennes leur accord afin de produire un récit miroir sur les volontaires français engagés de ce côté-là du front – ce qui m'a été refusé. Au final, malgré ce déséquilibre apparent, j'ai tenu à livrer un récit s'éloignant le plus possible du traitement médiatique partial et partiel de cette guerre en France. Le déséquilibre informatif m'a toujours titillé – c'est ce qui m'avait poussé à me rendre sur place, d'ailleurs – et j'ai sans cesse rejeté l'opposition simpliste entre Ukrainiens ultranationalistes hystériques et poutinistes parano-débiles, qui ont pour point commun d'être des complotistes de salon ou de clavier.

Pavel, romantique colosse slovaque, combattant de MMA et ancien patron de casino chypriote, devenu soldat de la république de Donetsk.

Dans le cas du Donbass, on a très rapidement diabolisé un camp et enjolivé l'autre. Aujourd'hui, j'ai l'impression que l'euphorie du début de guerre s'est évanouie et qu'on revoit progressivement notre jugement, car les faits nous y poussent : les gentils ukrainiens modernistes le sont moins, les méchants envahisseurs russes ne le sont plus tant que ça. Les seules vraies victimes sont les civils, et l'Europe. On sent désormais que sous leur vernis médiatique respectif, ces deux camps sont finalement plus complexes qu'il n'y paraît.

Quoi qu'il en soit, la plupart des comptes rendus occidentaux relatant les affrontements dans cette région sont toujours produits côté Kiev, et vont dans son sens – pour des raisons politiques et pratiques, avec des interlocuteurs pas forcément recommandables. Les motivations et souffrances des séparatistes sont bien souvent occultées. Ces derniers ne sont pas tous des terroristes, ou des mercenaires russes. Initialement, les populations séparatistes du Donbass n'étaient d'ailleurs pas spécialement prorusses, à les entendre. Elles le sont devenues, ne voyant pas vers qui d'autre se tourner.

La plupart des médias occidentaux occultent le fait que les Ukrainiens sont considérés comme des « occupants » par de nombreux habitants de la région. De même, peu de spécialistes et commentateurs évoquent les centaines de milliers – voire le million, selon Sergueï Lavrov – de réfugiés ayant fui l'Ukraine pour rejoindre la Russie. Il y aurait tant à dire et à développer. Je pense qu'un jour, on s'en mordra les doigts – ou pas, vu qu'on a déjà rangé sous le tapis la Yougoslavie, la Libye, l'Irak ou l'Afghanistan, et leurs morts.

On ne réalise pas à quel point le Donbass est une zone en guerre. Une guerre de basse intensité, certes ; une guerre à l'ancienne façon Verdun, avec ses tranchées et ses tunnels, mais une guerre quand même. Quand tu arrives à Donetsk, tu passes du centre-ville aux tranchées en quelques minutes. C'est surréaliste.

Un sous-officier séparatiste sur une position au sud de Donetsk.
Lors de ma première rencontre avec Erwan, le groupe de combattants était constitué d'une quinzaine de Français – des étudiants, des boulangers, des militaires, des graphistes, issus des quatre coins de la France, novices de la guerre ou non. Il s'agissait de la deuxième vague de volontaires, moins sulfureuse que la première, à qui l'on a reproché d'avoir fait passer ses idées avant la cause séparatiste. Quoi qu'il en soit, je n'ai croisé la route d'aucun mercenaire. Tous les gars venaient sur leurs économies, ou étaient soutenus financièrement par des proches. Aujourd'hui, le groupe a éclaté, par déception, par ennui, ou par évolution des projets de vie. Certains ont été blessés, d'autres sont rentrés en France. En avril 2017, ils étaient moins de dix – dont trois qui souhaitaient s'installer définitivement à Donetsk.

Pour beaucoup, leur engagement résulte de l'incendie criminel d'Odessa en 2014 – où 42 civils prorusses trouvèrent la mort, la plupart brûlés vifs dans la Maison des syndicats. Les volontaires français que j'ai rencontrés dans la région de Donetsk critiquaient en chœur la révolution de 2013. Après, il est évident que certains avaient rejoint la région pour se confronter au mythe, chercher l'aventure de la guerre, ou se tester.

De son côté, Erwan vit toujours là-bas, à Donetsk, tout près de l'aéroport fréquemment bombardé. Il aide des civils à réparer leur maison et a monté une structure d'entraide. Dès que les combats s'intensifieront de nouveau ou que le fameux assaut ukrainien – auquel beaucoup se préparent – sera déclenché, il reprendra les armes.

Guillaume Chauvin

Elena, volontaire médicale venue d'Arkhangelsk, sur une position près d'Ouglegorsk
Un voisin de chambrée resté bricoleur dans l'hôpital de Dokutschaïevsk sur la ligne de front
L'ancien couvent des soeurs d'Iverskiy, non loin de l'aéroport de Donetsk,
régulièrement bombardé depuis 2014 – notamment au phosphore blanc

Erwan arrivant sur une position à défendre, avec trop peu d'hommes et de matériel à ses yeux. Région de Donetsk.

Erwan dans le centre-ville de Donetsk, tourné vers les bruits des bombardements
sur le quartier de Spartak

Un soldat séparatiste sur position vers Debaltsevo


D'anciens mineurs membres volontaires du bataillon "Chartyor", sur position près de Luganskoe au Sud de Donetsk

Blindé séparatiste – un trophée pris à l'armée ukrainienne – en mouvement près de Signalnye

Marina et Vika dans leur cave devenue abri anti-bombardements, quartier de Spartak. Quelques jours plus tard, l'habitation sera touchée par un obus de 152mm.

Des officiers fêtent Pâques et un anniversaire en sous-sol, quartier d'Oktyabrsky, face à l'aéroport de Donetsk.

Guillaume est membre du studio Hans Lucas.

L'entretien complet et non-édité par la rédaction de VICE France est ici :


Source de l'article : Guillaume Chauvin

Avec les soldats français qui défendent l'indépendance du Donbass

- Tout d'abord, peux-tu me dire où et quand as-tu pris ces photos ? Combien de temps es-tu resté sur place ? Combien de visites y as-tu effectué ? Comment as-tu réussi à avoir de tels accès ?

Guillaume Chauvin autoportrait
J'ai commencé ce travail dans l'est de l'Ukraine à l'été 2015, principalement dans la région de Donetsk (actuelle RPD), en territoire séparatiste : villes de Donetsk, Gorlovka, Debaltsevo, Spartak, Uglegorsk, Luganskoe, Oktyabrsky, Peski... C'est un contexte de guerre civile qui dure depuis trois ans et a déjà fait plus de 10 000 morts, officiellement... D'autres sources sur place évoquent quasiment le double. Le gouvernement ukrainien appelle cela "opération anti-terroriste", le camp séparatiste nomme cette lutte "résistance patriotique". Dès le début je souhaitais produire un témoignage long entre journalisme de terrain et récit sensible, sur plusieurs mois voire années, à raison d'une visite tous les six mois parallèlement à mes autres engagements professionnels, car il s'agit là d'une démarche personnelle, sans soutien (sinon celui symbolique d'Engarde, fabricant de gilets pare-balles qui m'en prêta un, merci !). Mon éditeur (Allia) et le studio avec lequel je travaille (Hans Lucas) m'avaient aussi produit des ordres de mission pour l'occasion. Je n'ai sinon réussi à obtenir aucune bourse ou aide à projet artistique depuis le début.

L'accès aux républiques séparatistes (RPD et RPL) est restreint, c'est un fait. Tout d'abord parce qu'il s'agit d' « états » neufs et menacés, en guerre sur le terrain militaire comme celui de l'information. Ces états préfèrent donc contrôler ce qui se dit d'eux, d'autant qu'ils ont rencontré plusieurs cas d'espionnage ou de désinformation. Ils sont donc méfiants, ce qui est dommage car cela va dans le sens de leurs détracteurs... Pour ma part, hormis des clichés interdits pour raison de sécurité (positions ou matériel stratégique, personnes pas censées « être là » ou ayant de la famille de l'autre côté du front), je fus assez libre pour travailler, sans avoir à être « embedded ». Lors de mon premier voyage j'étais passé par la Russie où j'avais alors un autre engagement et un visa presse. À la frontière, quelques questions du F.S.B., puis le ministère de l'information à Donetsk a rapidement compris que je venais comme auteur sur un long terme avec l'intention de comprendre et donner à comprendre (mes premiers livres et mon passif "subversif" envers Paris Match ont aussi facilité cet accès). Ils ont vu que même sans soutenir tout de leur cause, on peut venir travailler avec curiosité et sincérité et produire un récit fiable, bien que détaché des contraintes propres au journaliste ou à l'artiste...

Au début sur place j'ai commencé par rencontrer des volontaires français combattant alors dans la milice, aujourd'hui devenue armée. J'avais contacté l'un d'entre eux par internet, Erwan, qui avait accepté ma présence au sein de leur groupe, quand je ne travaillais pas avec des civils. J'ai calé mon rythme sur le leur, les suivais sur positions, j'essayais d'être aussi rustique qu'eux et tout s'est bien passé. Depuis, au travers de publications "dépassionnées" et la persistance de ma démarche auprès d'interlocuteurs variés, j'ai pu garder de bonnes relations avec les acteurs locaux et y poursuivre mon travail d'auteur. Par contre, l'accès à l'Ukraine m'est désormais compromis, même si dès 2015 j'avais simultanément aussi fait les demandes pour rejoindre le côté ukrainien et produire un récit miroir sur les volontaires français et les civils des deux côtés du front, en vain (d'ailleurs, j'en profite pour inviter Kiev à enfin me permettre cet accès afin d'alimenter mon récit, humaniste avant tout..).

Malgré mon vécu en zone séparatiste, ma meilleure compréhension de la réalité sur place et certains liens d'amitié noués de cet « autre côté », j'essaie de garder du recul sur ce travail sans tomber dans aucune propagande et ainsi mieux continuer à revendiquer une subjectivité responsable, un point de vue documenté. C'est là qu'est la vraie responsabilité de l'auteur je pense : résister en se détachant des considérations du moment pour essayer de faire émerger un discours de fonds plus universel.

- Qu'est-ce qui a motivé ce sujet ? Que cherche-tu à montrer à travers ces images ?

La réponse a évolué au fil du travail et elle le fera encore... Au début c'était en réaction au traitement médiatique partial et partiel dont bénéficiait cette guerre : le déséquilibre informatif évident m'a toujours titillé, alors j'ai eu envie d'aller sur place, pour mieux voir et comprendre, et pourquoi pas démystifier. Comme Gilles Peress sur d'autres faits de société, même sans appareil photo j'y serai allé... En plus cette zone étant russophone, je pouvais y travailler sans fixeur et j'étais « curieux » de voir une guerre civile (même si on dit que toutes les guerres sont civiles) du côté des agressés et des laissés pour compte.

Ensuite, au vu de la réalité sur le terrain et du scepticisme ou de l'indifférence des gens à mon retour en France, j'ai voulu densifier mon témoignage. Pour qu'il puisse être un outil utile un jour ou l'autre. Ce projet s'affine au contact du réel, avec le recul du temps. Personne ici ne m'a demandé d'y aller ou de donner mon avis, je pourrais ne pas montrer toutes ces images, mais j'y tiens, d'autant que tous ceux rencontrés là bas m'ont prié de le faire et de témoigner. L'autre motivation était une réaction à ceux qui s'appropriaient (ils le font encore) ce conflit complexe : des gens délirants pour la plupart, soit des ukrainiens ultra-nationalistes hystériques, soit des poutinistes parano-débiles, avec comme point commun d'être des complotistes de salon ou de clavier... J'ai donc voulu dépassionner notre rapport à cette guerre en livrant un récit réaliste et subjectif. Que devant mon travail, ceux sur le terrain s'y retrouvent, et que le néophyte devant le livre ait envie de le comprendre.

Concernant mes images, elles racontent peu, voire rien. La plupart ne sont même pas visuellement rattachables à un camp ou l'autre. Les civils se ressemblent des deux côtés du front, les soldats aussi, tous équipés presque à l'identique, évoluant dans des tranchées faites de la même terre. Visuellement tout est confondant dans cette guerre : seuls les drapeaux distinguent les deux parties et les idées dans les têtes des gens. Mes images ne disent donc rien des causes et enjeux de cette guerre. Elles sont un mix de sidération et d'anecdotes. J'accepte et j'assume qu'elle ne soient que ça, et que toute intention photojournalistique (au sens classique) est en général bien vaine sans la béquille du texte, de la légende ou de la mise en page. J'avoue ne pas aimer mes images car je sais tout ce qu'il y a eu avant pendant et après, j'ai de l'affect, le souvenir des parfums et des bruits intransmissibles au lecteur. Elles sont frustrantes et muettes, et comme dit le professeur Guy Meyer, l'image est d'abord une question, pas une réponse... C'est donc pour cela que je mélange mes clichés à ceux d'amateurs récupérés sur place, à des captures de films, des scans d'autres documents et des textes pour approcher et rendre intelligible mon ressenti sans nuire au contenu informatif. Autant d'indices rassemblés pour le lecteur sans qu'il n'aie à s'y rendre lui-même, dans l'espoir qu'il envisage ainsi une vérité autre que celle qu'on nous propose...

L'objectif est de boucler GUERRE ÉPAISSE sous forme de livre pour l'automne, dont le but est de raconter la grande Histoire à travers les petites. Sans juger, car je sais que je sais peu et que mon travail n'arrêtera pas la guerre. Vu tout le mal qui a déjà été fait, seule la politique et l'intelligence des hommes le pourraient. J'envisage donc plutôt ce témoignage comme une forme de divertissement public, édifiant et utile à l'avenir. J'y donne des éléments que chacun est libre d'interpréter, en s'écartant toujours de tout militantisme, sinon celui visant à responsabiliser le plus grand nombre. Façon Malick avec sa ligne rouge, Kent Anderson avec Sympathy for the devil ou Gert Van Kesteren avec Why mister why..

- Après avoir passé du temps sur place, peux-tu me dire ce que tu penses de la couverture médiatique du conflit et de son évolution au fil des années ?

C'est un sujet délicat car avant j'avais déjà une méfiance théorique des médias, saine, puis une fois dans leur bain concret, à répondre à des commandes ou collaborer sur le terrain, la réalité du métier et des rencontres m'ont fait enchaîner une enfilade de désillusions plus grandes encore ! Je ne peux négliger quelques exceptions, des individus très pros, irréprochables et utiles, mais ils sont si peu et la profession fait tant pour qu'ils disparaissent... Sur l'Ukraine, ils sont rares (Dmitry Beliakov, Simon Ostrovsky, Paul Moreira, Babylon'13, Emmanuel Schreiber ..). Je regrette que beaucoup d'autres viennent en sachant déjà ce qu'ils vont en ramener. L'autre problème est que les journalistes n'éprouvent pas ou peu d'empathie pour leurs sujets et se contentent de livrer les marronniers commandés (ici : maisons cassées, ambiances soviétiques, vieilles en larmes, camps d'entraînement pour enfants, mineurs stoïques, soldats sales...). Les pires, tous médias confondus, étaient ceux qui venaient pour les selfies au front et pour alimenter leur CV des pires coins du mondes, genre : « Irak, Syrie, Soudan, Ukraine... ok c'est bon j'y étais. Et toi t'y étais ? ». Puis passent à la mission suivante, au prochain albinos haïtien, la prochaine lesbienne chinoise, le prochain migrant mort, tous ponts coupés avec la mission d'avant. Tout ça pour l'ego, du fric ou des prix. Le mythe s'auto-alimente, l'économique prends le pas sur l'éthique, la profession ne fait plus référence qu'à elle même.

Bref pour en revenir à ta question : dans le cas du Donbass, dès le début on a diabolisé un camp et enjolivé l'autre. Petit à petit j'ai l'impression que l'euphorie du début de guerre s'est tassée et qu'on revoit progressivement notre jugement car les faits nous y poussent : les gentils ukrainiens modernistes le sont moins, les méchants envahisseurs russes ne le sont plus. Les seules vraies victimes sont les civils et l'Europe. On sent désormais que sous leurs vernis médiatiques respectifs, ces deux camps sont finalement plus complexes... En résumant, on pourrait même dire que la guerre n'a eu lieu « qu'en 2014 », et que depuis ce n'est que de l'inertie et du business entre ceux à qui ça profite, pendant qu'en première ligne se battent ceux qui croient encore en l'idéal initial, pour leur famille et leur terre, ou parce qu'ils n'ont rien de mieux à faire... Mais malgré tous ces efforts informatifs, pour la plupart des occidentaux ça reste et restera une bande de slaves qui s'écharpent entre eux au fin fonds de l'Europe... Une plaie que personne ne laisse cicatriser.

En vrai, raconter une guerre est tellement complexe, tant d'enjeux se percutent en ces zones de culture souvent autre, qu'on est bien peu de choses pour juger, et on ne sait jamais trop quoi y chercher ni comment s'y impliquer pour en témoigner. J'avoue aussi que visuellement, il est très dur de produire une vision originale d'une guerre, tout y est tellement iconique et spectaculaire. On devrait l'assumer. En plus, soit l'information est difficile d'accès, soit difficile à mettre en images pour concerner le consommateur en bout de chaîne. Du coup, paradoxalement, la guerre est souvent racontée par ceux qui ne la « pratiquent » pas (sauf les services com des armées, mais on est justement dans de la com..) : ce sont des civils formés à cela (les journalistes) qui s'approprient provisoirement ce contexte et le « traduisent » à l'intention d'autres civils, car ceux qui combattent sont souvent incapables de l'exprimer... Il faut donc bien choisir où se placer, et le revendiquer.

Dans tous les cas, la plupart des comptes-rendus occidentaux sur cette zone demeurent produits côté Kiev et en son sens, pour des raisons politiques et pratiques, avec des interlocuteurs pas toujours recommandables, tout en continuant d'occulter les motivations ou souffrances réelles des séparatistes. Ces derniers ne sont pas tous des terroristes ou des mercenaires russes. Initialement, les populations séparatistes du Donbass n'étaient d'ailleurs pas spécialement pro-russes, elles se sont devenues, ne voyant pas vers qui sinon se tourner après que leur propre peuple les combatte... Les médias occultent aussi l'éventualité que les ukrainiens soient vus là bas comme « occupants », occultent les millions de réfugiés principalement partis en Russie, la masse quotidienne de bombes ukrainiennes tombant sur ces régions, les business douteux entre dirigeants des deux camps, la lassitude et le doute croissants, ou cette mentalité soviétique qui a toujours été propre au Donbass, puisque les séparatistes vont « souffrir et encaisser jusqu'à la victoire »... Mais les médias occultent surtout l'immense espoir partagé d'une paix rapide. Il y aurait tant à dire et développer. Je pense qu'un jour on s'en mordra les doigts... Ou pas, vu qu'on a déjà rangé sous le tapis Yougoslavie, Lybie, Syrie, Irak, Afghanistan, leurs espoirs et leurs morts... Je préfère laisser mon livre développer cela et que d'ici là ces sentiments seront bientôt médiatisés pour qu'on assiste à une progressive nuance des analyses et de leurs conséquences.

- Peux-tu me parler des combattants français que tu as rencontrés ? Combien sont-ils dans le Donbass ? Sont-ils tous des volontaires ? 

Lors de notre première rencontre en 2015 le groupe était d'environ une quinzaine de personnes. C'était la deuxième vague de volontaires, moins sulfureuse que la première.. On dit que la première vague avait mis la cause au service de ses propres idées, avec les dérapages qu'on leur connaît, tandis que la deuxième, plus « concernée », mettait ses idées au service de la cause séparatiste... Aucun mercenaire dans tous les cas. Tous venaient sur leurs économies ou soutenus par des dons de proches. Entretemps le groupe a éclaté, par déception, par ennui, ou par évolution des projets de vie. Certains ont été blessés, d'autres sont rentrés en France. En avril ils étaient moins de dix, dont trois qui souhaitent s'installer définitivement à Donetsk. J'ai rencontré aussi bien des anciens agriculteurs que des ex-étudiant/boulanger/militaire/graphiste/etc.. Tous profils, du nord, sud, est, ouest de la France, novices de la guerre ou non, aux passions, idéologies et idéaux divers. Aujourd'hui certains français restent, d'autres non, certains sont partis en Irak ou ailleurs et d'autres n'attendent qu'une occasion pour revenir : « la grande offensive ukrainienne ».

- Décris-moi une personne qui t'a particulièrement marquée au cours de ton reportage, et pourquoi.

Beaucoup étaient marquants. Par leur engagement, leur résilience ou leurs expériences vécues, locaux, étrangers, civils ou militaires... De l'écrivain star venu combattre ici (Zakhar Prilepine) à la mémé qui a commencé sa vie dans la guerre et la finira de même dans sa cave, il y a toute une galerie de personnages marquants, générés ou non par ce contexte hors du commun. Tu peux aussi bien être touché par le soldat qui entre deux bombardements tient à te préparer une soupe, que par la vendeuse de village qui te montre sur son téléphone des vidéos ultra-violentes que peu de gens verront. Erwan Castel, le volontaire breton, m'a quand même particulièrement marqué car en plus d'une vie déjà remplie d'engagements divers, il savait faire preuve de sensibilité, de finesse d'esprit et d'un talent pour la blague ainsi que d'un sale caractère et une certaine folie peut-être propre aux bretons... Erwan vit toujours là bas, aujourd'hui dans un des quartiers de Donetsk proche de l'aéroport, fréquemment bombardé. Il aide des civils à réparer leurs maison ou améliorer leur quotidien et a monté une structure d'entraide, mais dès que les combats s'intensifieront ou que le fameux assaut ukrainien auquel beaucoup ici se préparent arrivera, il reprendra les armes. Beaucoup étaient marquants : Vika, Tonio, Apache, Nastia, Renaud, Jean-Michel le jeune belge imprévisible tout droit sorti d'un épisode de « strip-tease », et les autres, vivants et morts.

- Quelles sont les raisons qui les ont motivés à partir ?

Il y a de tout mais le déclic commun à la plupart fut le massacre d'Odessa en 2014 où des civils russophones furent brûlés par une foule incontrôlable. Les volontaires français étaient aussi critiques envers la révolution Euro-Maïdan à Kiev en 2013, et j'imagine qu'ils étaient en plus insatisfaits de leur situation en France. D'autres sont venus se confronter au mythe, chercher l'aventure de guerre en guerre ou se tester eux-mêmes. Pour certains ce fut un appel de leur héritage familial ou culturel, pour d'autres une fuite en avant. De ceux que j'ai connu, plusieurs voulurent d'abord venir au secours de la population du Donbass et soutenir activement ce projet de "Novorossiya", avec ou sans armes. Les images de néo-nazis côté ukrainien ont aussi pu les motiver pour venir se battre, ainsi certains qui venaient initialement pour une mission humanitaire, ne se sentant sur place pas assez utiles se sont engagés dans la milice pour aller au front. Le tri s'est assez vite fait et ne restent que ceux motivés ou pas ébranlés par le choc culturel... Seule la paix est désormais espérée par tous ceux non fanatisés.

- Qu'est-ce qui t'a le plus marqué sur place ?

Le plus marquant est plutôt l'indifférence quand tu rentres, car là bas c'est la guerre ; même si de basse intensité, c'est à l'ancienne façon Verdun, avec ses tranchées et ses tunnels, son artillerie et ses villages rasés, on ne le dit pas assez. Ce qui marque quand tu arrives, c'est aussi la proximité du front avec le centre-ville « préservé » de Donetsk : le temps de deux chansons à la radio du taxi tu passes des boulevards à franchises clinquantes aux tranchées des poilus. C'est surréaliste. Ensuite plein de détails peuvent te marquer : les restes de vies privées dans les maisons abandonnées, les filles d'une extrême beauté dans des villages, le courage de ceux qui ont tout perdu, les excellentes blagues dans des situations tendues... Je réalise aussi que ce qui m'a marqué et me marquera encore, c'est le constat de la fragilité des êtres, des objets et des matières, du corps humain à l'immeuble en passant par l'arbre, le chat ou le poteau électrique... Et imaginer le coût phénoménal de ces destructions, reconstructions, rasages et leur impact sur les caractères et les personnalités à venir... Et comme bouquet final, le fait qu'on ne sait plus trop ce qui motive tout ce chaos. Puis quand tu rentres en France tu reprends tes commandes et tes engagements de prof à mi-temps, tes élèves n'imaginent pas où tu étais pendant les vacances, alors tu leur donnes comme d'habitude un nouvel exercice d'art plastique. « L'Art c'est tout ce qui rend la vie plus intéressante que l'Art » – disait Robert Filiou... Je confirme.

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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan