samedi 17 juin 2017

A propos du loup et de l'ours

Quand la Nature nous montre l'exemple à suivre !


Plusieurs lecteurs m'ont demandé pourquoi avoir choisi un ours et surtout un loup comme bandeau de mon blog dédié à la résistance du Donbass, et je vais essayer ici d'apporter des explications à ce choix symbolique...

Si l'Ours est sans conteste le symbole animalier incarnant la Russie, le loup est, pour le païen et celte que je suis, celui d'une Europe originelle où notre civilisation fermentait alors à l'ombre des forêts sacrées et des antiques cités celtes, germaines ou scandinaves. Les romains comparaient les gaulois et les germains qui leurs résistaient depuis leurs forêts à des loups, César rapporte d'ailleurs que lors de la réduction d'un foyer de résistance armoricaine "40 loups ont été jetés à la mer"

Plus tard le loup a incarné la Liberté indomptée et il suffit de se souvenir de cette fable d'Esope reprise par Jean de la Fontaine " Le chien et le loup" pour déjà entrer dans l'allégorie contemporaine d'une Europe cupide s'asservissant volontairement à un maître méprisant. 

Dans son combat contre l'agression militaire des putschistes de Kiev, le peuple du Donbass
à travers la défense de ses terrils et de sa culture défend aussi les valeurs d'un socle commun civilisationnel sur lequel les peuples d'Europe se sont élevés. Le rapport à la Liberté des peuples à disposer d'eux mêmes devient, dans cette rébellion du Donbass, une réalité qui oppose dans un combat mortel les identités multiples et complémentaires qui sont l'expression naturelle et historique d'une diversité européenne à l'hégémonie universaliste d'un système mondialiste soumettant les identités à la dictature de la marchandise et de sa pensée unique dogmatique. 

Les peuples d'Europe ont tous fondé leurs identités sur le respect non négociable de leur libertés naturelles, refusant de se soumettre à la servitude d'un sanctuaire artificiel, fut-il une corne d'abondance... 

Le loup et le chien

"Le loup et le chien" déclamé par Jean-Claude Drouot

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

Mais c'est certainement Alfred de Vigny qui à mon coeur le mieux exprime le mieux ce symbolisme du Loup défendant au prix de sa vie sa liberté et celle de sa famille...  "La mort du loup", poème dramatique et épique d'une beauté inouïe est plus que jamais d'actualité et doit interpeller ces occidentaux qui laissent mener à l'abattoir leurs Histoire et leurs libertés et échange de plaisirs superficiels et éphémères qui font d'eux des esclaves imbéciles fiers de leur servitude...

Lorsque j'ai découvert ce poème c'était en Alsace, cette marche commune à l'Allemagne et la France prise entre le marteau et l'enclume d'une géopolitique historique continentale. Sur les bancs d'une école primaire où l'apprentissage des fondamentaux était encore le devoir d'instituteurs dont je me souviens encore des patronymes (Mr Stoecklé) tellement ils m(ont transmis la passion du savoir, j'ai découvert ce fleuron de la poésie française :

Superbe déclamation de "la mort du loup" de Alfred de Vigny 
par Thibaut Cassel, lors d'un colloque du cercle Illiade

La mort du loup
Alfred de Vigny

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles, 
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur !
Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "

"Ne jamais entrer dans le pacte des villes 
que l'homme a fait avec les animaux serviles"


Lorsque les femmes et les hommes du Donbass "montant de la mine descendant des collines" se précipitent au devant des chars de combat qui bousculent les portes de leurs cités et de leurs villages, ils sont pour moi ces loups européens qui luttent pour leur Liberté et refusent l'asservissement de la mondialisation esclavagiste organisé sur le Maïdan par les néo-conservateurs étasuniens et leurs laquais de l'Union Européenne.

Si cette rébellion du Donbass m'a fait quitter ma confortable vie dans une forêt guyanaise aimée c'est parce qu'elle a sonné dans mon coeur comme un cri d'alarme appelant au réveil et la résistance des peuples d'Europe menacés dans leurs identités communautaires mais aussi civilisationnelles, par un Nouvel Ordre Mondial de plus en plus agressif.

Si le peuple de France a choisi depuis trente ans le destin du toutou servile au collier diamanté (et l'élection récente de Macron en est la consécration), le peuple du Donbass quant à lui a refusé de rentrer dans le troupeau des esclaves consuméristes sacrifiant leurs libertés contre des promesses de vitrines illuminées... "Que j'ai honte de nous débiles que nous sommes !"

Les femmes et les hommes du Donbass sont aujourd'hui les derniers Loups d'Europe qui aux côtés de l'Ours russe, s'opposent à la disparition des valeurs qui ont fondé les libertés européennes.

Voilà pourquoi j'ai choisi cette magnifique photo d'un ours et d'un loup tournés côte à côte face à l'Ouest, prêts à défendre ensemble leurs libertés... notre Liberté !

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de la photo 


Source des vidéos

You Tube : La mort du loup


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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos, mais également par des crapules, jaloux ou obsédés du monopole de l'information venus jouer les vautours dans le Donbass..

Au delà de mes besoins de subsistance (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) j'utilise les dons supplémentaires pour aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan

1 commentaire:

  1. Merci, oui ce poème de Vigny colle parfaitement aux résistants du Donbass, si quelqu'un pouvait leur traduire, je suis persuadé qu'ils en apprécierait la beauté.

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Les commentaires (soumis à modération) sont les bienvenus, à condition qu'ils ne soient pas diffamatoires et injurieux. Merci de respecter la charte du groupe que vous trouvez sous l'onglet "Charte" en haut et à droite. Erwan Castel.